Livre évènement : Journal d'Hirondelle
Journal d'Hirondelle - Amélie NothombLe héros n'a pas de nom. Ou plutôt pas d'identité fixe. Il change de nom et de vie comme on change de chemise. Coursier à Paris, il se fait passer pour un certain Urbain, tueur à gages insensible qui retrouve le plaisir des sens et du sexe par le meurtre. Puis il devient Innocent... Mais on ne change pas de vie si facilement. Le passé n'a jamais dit son dernier mot. Surtout lorsqu'il a le visage d'une adolescente fraîchement assassinée et dont le seul testament est un étrange journal intime. Comment ressusciter les sensations après s'être coupé des sentiments ?
Sous fond d'histoire de tueurs à gage - mais aussi d'amour, Amélie livre pour son quinzième roman un 'Journal d'hirondelle' aussi cruel que loufoque. Inattendu, après ses précédents romans, qui accusaient l'élève si ce n'est de se reposer sur ses lauriers, d'user sans trop d'efforts de ses facilités.
Elle s'adonne au trash burlesque, au gore d'opérette. Amélie évoque Rousseau, Aristote mais aussi Radiohead. Sur ses pages, on retrouve une Amélie Nothomb raffinée et troublante qui porte, cette fois, un regard vif et inquiet sur notre société.
Elle s'adonne au trash burlesque, au gore d'opérette. Amélie évoque Rousseau, Aristote mais aussi Radiohead. Sur ses pages, on retrouve une Amélie Nothomb raffinée et troublante qui porte, cette fois, un regard vif et inquiet sur notre société.
Extraits du "Journal d'Hirondelle" - Page 62 : Editeur : Albin Michel - 2006
Qu'est-ce qu'un rapport humain, aujourd'hui. Il afflige par sa pauvreté. Quand on voit ce qu'on appelle à présent du beau nom de 'rencontre', on se console. Rencontrer quelqu'un devrait constituer un événement. Cela devrait bouleverser autant qu'un ermite apercevant un anachorète à l'horizon de son désert après quarante jours de solitude.
La vulgarité du nombre accomplit son oeuvre : une rencontre, ce n'est plus rien. On a des exemples paroxystiques : Proust rencontrant Joyce dans un taxi et, pendant cette entrevue unique, ne parlant que du prix de la course ; tout se passe comme si plus personne ne croyait aux rencontres, en cette possibilité sublime de connaître quelqu'un.
La vulgarité du nombre accomplit son oeuvre : une rencontre, ce n'est plus rien. On a des exemples paroxystiques : Proust rencontrant Joyce dans un taxi et, pendant cette entrevue unique, ne parlant que du prix de la course ; tout se passe comme si plus personne ne croyait aux rencontres, en cette possibilité sublime de connaître quelqu'un.
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