Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

inutile

Publié le par généreusement publié par : Karine.

Marie la petite blonde pulpeuse avec une énorme poitrine qui vit d’ailleurs dans une de ces boites à vivre pour étudiant futur fortuné de l’école de journalisme passe souvent devant ma porte (je la laisse toujours ouverte, une façon de vivre aussi à l’extérieur), et porte toujours des petits hauts trop courts, ou ces mini jupes tellement sexy que l’on voit toujours à la une des magasines people  sur des filles inaccessibles bimbo nouveau siècle… elle finira sûrement présentatrice des infos sur la une dans dix ans, et je la verrais à la télé en mangeant un vieux plat réchauffé de pâte, faisant une pause dans l’écriture tout joyeux câlin d’un vieux magazine porno pour trentenaire célibataire.. Et bien c’était marie ! Au téléphone… j’avais eu son numéro une fois parce qu’elle vendait un vieux ordinateur genre amiga et avait laissé des petits papiers avec son numéro de téléphone dans l’entrée de l’immeuble, entre deux pubs ridicules pour des soirées étudiantes. J’en avais chippé un et j’avais mis son numéro dans mon répertoire, ça me donnait l’impression de la connaître. Alors imaginez ma surprise quand j’ai vu apparaître sur l’écran de mon vieux mobile gris son prénom, clignotant au rythme des sonneries… j’étais pétrifié, une jambe encore sur le canapé, l’autre dans les starters, ne sachant que faire, le téléphone me paraissait si loin … quand j’étais petit, j’étais lent. Une fois ma grand-mère énervée, une vieille dame très guindée portant haut le chignon et long la jupe, descendant à pieds au village pour acheter le pain m’avait poussé dans la pente assez raide qui menait à la rue principale du petit village des alpes. Elle avait juré par la suite, à ma mère, que ce n’était pas intentionnel mais qu’elle avait pensé qu’il fallait un peu me motiver. J’étais pour elle un enfant si lent, voir mou, qu’elle n’avait pas eu le courage de me le dire mais avait pensé qu’en tant que grand-mère elle se devait d’agir. Je n’avais pas bien compris le rapport à l’époque et je me souviens surtout d’avoir chuté lourdement roulant jusqu’au petit ruisseau d’eau qui longeait la route jusqu’au caniveau plus loin … Je n’ai jamais su prendre les décisions importantes, celles qui vous sauvent d’une délicate situation ou bien simplement celles qui vous permettent d’avancer tranquillement dans la vie. Agir vite, est ce vraiment utile… et là j’ai raté le coche, la sonnerie s’est arrêtée. Je suis retombé lourdement sur le canapé. Un vieux divan jaune que mes parents avaient déjà acheté avant même que je passe mon bac pour ce futur réservoir à ennui où je vis actuellement. Ils n’ont pas pris beaucoup de risque, j’étais le meilleur élève de ma classe, et sûrement celui qui s’ennuyait déjà le plus. Je n’avais qu’une chose importante à l’époque, c’était les études. Aujourd’hui j’étais sur mon canapé habillé d’un minable jogging troué un vieux tee-shirt cachant à peine mon énorme ventre nourri aux cochonneries sucrés américaines qu’on trouve si facilement chez Mohammed l’épicier du coin de la rue. Je n’étais pas coiffé, un type minable qui regardait bêtement son mobile posé sur une petite table en bois que ma mère avait acheté chez ikéa cet été alors qu’elle était juste partie pour acheter quelques serviettes, ou des couverts, bref pour s’occuper. Je détestais cette table mais je n’avais pas eu le choix, ma mère l’avait imposé alors que j’étais parti quelques jours chez mon père … à mon retour cette table couleur bois (était ce seulement du bois) jaune posée sur quatre petits pieds en métal brillant était posé à coté du canapé jaune et rien ne pouvait être plus laid. J’y posais mes cours, quelques magasines mon portable, des verres à moitié vide pour essayer de la cacher le plus possible et souvent mon portable. Un portable que je regardais avec attention. Marie avait appelé. Je vous ai déjà parlé de marie ? C’est le genre de fille qu’on voit passer, parce qu’à chaque fois qu’elle passe devant vous, à coté de vous, très loin de vous, c’est comme si elle marchait au ralenti … ces longs cheveux blonds flottant au vent, se balançant gentiment, de façon ordonné autour de son visage. Un visage fin, léger, une bulle … un morceau de savon aussi blanc et laiteux avant utilisation … la belle marie qui vit sur le même palier et qui ne m’a jamais adressé la parole… quoiqu’une fois elle ait pris la peine de me demander de me pousser alors que je regardais son annonce pour la dixième fois. C’est toujours difficile d’expliquer pourquoi on est plus attiré par une fille. Dès que je l’ai vue, j’ai su qu’elle serait plus tard ma femme, j’ai toujours fantasmé sur les petites à forte poitrine et cheveux longs, un stéréotype. J’ai du mal à croire qu’elle ait essayé de m’appeler et que pétrifié j’ai oublié de répondre. D’ailleurs comment a-t-elle eu mon numéro ? je ne pense pas l’avoir laissé traîner … pourquoi elle m’appelle ?

 

 

Commenter cet article