Claire Diterzi
Boucle de Claire Diterzi
Rares sont les artistes féminines qui arrivent à concilier force, présence et talent dans le schéma artistique hexagonal. Soit elles se retrouvent sous l’emprise d’un Pygmalion masculin, soit elles se mettent à bricoler avec deux bouts de ficelle une carrière quasi-invisible.
Bien sur on pourra citer quelques exceptions à la règle avec des filles comme Camille, Anaïs ou Emilie Simon. Elles ont su imposer leurs visions artistiques à un public en recherche perpétuel de pluri-musicalité.
Et dans cette équipe féminine, une artiste s’approche à tâtons de ce panache : Claire Diterzi.
Du haut de ses 34ans, cette mère au foyer et musicienne au studio a déjà à sa charge un joli bagage musical. Elle fait ses débuts il y a une bonne quinzaine d’années avec le groupe Forguette Mi Note. Elle surfe alors sur la vague de rock alternatif. Elle en conservera d’ailleurs les traces dans l’usage des guitares gibson pour « sa » musique.
Quant Forguette Mi Note part en miettes, c’est l’aventure en solitaire de la belle qui démarre. En 2000, Claire fonde « Dit Terzi ». Un album l’atteste juste avant que son nouveau label, Boucherie, ne ferme ses portes.
Une désillusion qui lui laisse néanmoins le temps de taper dans l’oreille de Philippe Decouflé. Ce dernier lui signe en 2003 un très bel enregistrement en public du spectacle de danse « Iris ».
Le 24 janvier sonne le glas dans la carrière de Claire. C’est l’aboutissement de son travail avec la sortie de son premier album « Boucle », édité chez Naïve (Aston Villa, White Stripes, Carla Bruni, Marianne Faithfull, etc…).
Sur la pochette de son cd, elle apparaît sanglée telle une amazone qui possède plusieurs cordes à sa manche. La demoiselle déclare sa flamme à sa guitare électrique sur 11 titres. Dès les premières secondes d’écoute, elle donne le ton mi-électro, mi-rock avec son « Je me souviens de la neige ». Tout au long de ses compositions, on parle de draps, de queue, de peau et de troubles obsessionnels situés sous la ceinture. Cette « Princesse Arabe » use de rimes et des comptines avec une prédilection pour les histoires d'amour. Claire chante les états d’âmes propre à chacun : jalousie, tendresse, possessivité ou frustration.
Avec « Boucle », petit bijou musical, Claire Diterzi réussit le challenge de faire plonger son auditoire dans un univers très personnel.
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