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A MA MÈRE

Publié le par Rania G.

A ma mère, 50 écrivains parlent de leur mère - Marcel Bisiaux et Catherine Jajolet

A l'occasion de la fête des mères le 28 mai, les éditions Horay publient un très beau recueil de textes d'écrivains contemporains dont le sujet est 'la mère'. Adorées, craintes, objets de fascination ou aimées de façon inconditionnelle, les mères suscitent des sentiments pour le moins divers.

En lisant ces 50 textes, des auteurs tels que
Jorge Amado, qui avait sa mère en adoration, Hervé Bazin qui au contraire a fini par la haïr - et le mot n'est pas trop fort - ou Marguerite Duras dont les relations avec sa mère étaient plus que houleuses et conflictuelles, se révèlent sous un autre jour.

Mais ce qui se dégage avant tout de ces petits textes (de 2-3 pages) c'est le rôle que ces femmes ont joué, parfois malgré elles, dans le désir d'écriture de quelques-unes des plus belles plumes contemporaines. D'anecdotes en souvenirs d'enfances, le lecteur découvre autant d'univers singuliers que de mères, uniques elles aussi. Une belle façon d'envisager autrement la lecture et de faire plaisir aux mamans en cette fête qui leur est consacrée.


Extraits de "A ma mère" -
Chapitre : Marguerite Duras - Page : 135 - Editeur : Horay - 2006

Elle était belle, ma mère, elle avait beaucoup de charme. Bien des hommes l'ont voulue, mais à mon avis, à part les mariages il ne s'est jamais rien passé. Elle était brillante, avec une étonnante facilité de parole. Je me souviens qu'on se l'arrachait dans les soirées. Elle était irremplaçable, très drôle, riant beaucoup et de tout son coeur. Elle n'était pas coquette, elle se contentait de se laver, elle était toujours d'une extrême propreté. Elle avait bien une couturière mais elle ne savait pas quoi lui faire faire. Moi aussi, jusqu'à l'âge de quatorze ou quinze ans, je me suis habillée comme elle avec des robes sacs. Quand les hommes ont commencé à m'intéresser, j'ai mieux soigné ma tenue. Ma mère me faisait faire alors des robes incroyables, avec des volants, qui me donnaient des airs d'abat-jour. Je mettais tout.



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