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La censure à la télévision 3/3

Publié le par Rania G.

Partie 3 : La signalétique : censure ou prévention ?


La mise en place d'une nouvelle signalétique et les discussions récentes sur les effets, sur les jeunes, de la violence à la télévision et de la diffusion des films pornographiques marquent un déplacement dans la problématique : il ne s'agit plus d?interdire mais d'alerter et de faire en sorte que la responsabilité soit désormais partagée[1].

La signalétique télévisuelle, en place depuis novembre 1996 est exemplaire d?une telle évolution.

La signalétique consiste en un code de classification des programmes. Des pictogrammes symbolisant les différentes catégories de programmes affichés à l'écran au début et au cours de la diffusion. Ils ont pour fonction d'informer sur le contenu de l'émission en indiquant les catégories de public qui peuvent le regarder.

Cette catégorisation est accompagnée de restrictions d'horaires. Sur la base de la directive du CSA du 5 mais 1989, certains programmes ne peuvent être diffusés avant 22 heures ou 22 heures 30, d'autres sont totalement interdits.

Le discours sur la signalétique que tient le CSA met l'accent sur le principe d'une triple responsabilité : celles des pouvoirs publics, celles des diffuseurs et enfin celle des spectateurs.

Voici les critères de classification[2] :

-          le nombre et la nature des scènes violentes ;

-          leur gratuité, leur caractère indispensable par rapport au scénario ;

-          l'utilisation scénaristique de la violence pour résoudre les conflits ;

-     le traitement en images de ces scènes, la mise en scène, le type de plan utilisé, le réalisme de la représentation, le traitement de la bande sonore (génératrice d'angoisse) ;

-    l'évocation de thèmes difficiles comme la drogue, le suicide, l'inceste, la violence envers les enfants ;

-          la représentation des actes sexuels ;

-          l'image dégradante de la femme ;

-    la psychologie des personnages et les repères qu'elle offre à un public d'enfants ou d'adolescents ;

-     le caractère du héros, ses mobiles, son caractère éventuellement malsain, son recours à la violence ;

-          la présence d'enfants lors de scènes violentes, etc.


La classification que font les chaînes s'inscrit dans les logiques générales de leur fonctionnement.
 


Dans le partage affiché, la position dominante reste celle de l'institution qui les incarne, même si la partie la plus visible de l'activité - la signalisation des programmes - est assurée par les chaînes.


Quatre pictogrammes pour renforcer la vigilance des adultes


-10 ansDéconseillé aux moins de 10 ans   

-12 ans : Déconseillé aux moins de 12 ans
               Interdit en salle aux moins de 12 ans

-16 ans : Déconseillé aux moins de 16 ans
                   Interdit en salle aux moins de 16 ans

-18 ans : Déconseillé aux moins de 18 ans
              Interdit en salle aux moins de 18 ans

             



[1] thèse de Jean- Matthieu Méon, doctorant en science politique à l'IEP Strasbourg et au Groupe de sociologie politique européenne.

[2] CSA, Protection de l'enfance et de l'adolescence à la télévision, Paris, « Les brochures du CAS », août 2002

Copyright : Rania G.

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