review : florent pagny - abracadabra
Difficile d'oublier l'homme, et de n'aimer que l'artiste... Il a une image d'arrogant, il parait prétentieux, certains diront qu'il a la grosse tête, d'autres qu'il est con, personnellement je ne le connais pas assez pour le juger mais il faut bien concéder que depuis quelques temps, ses interviews ne lui réussissent pas ...
Depuis ses affaires d'impôt impayé, l'homme s'est consumé ... Alors essayons de parler du chanteur ... celui qui dit abracadabra et sort un de meilleurs albums variété de ce début d'année ... Abracadabra, voilà Florent pagny...
Un chanteur talentueux mais surtout malin (et heureux) qui arrive à chaque album à se coller un nouveau style sans trop dépareiller ses fans ... Cette fois le monsieur ne s'acoquine plus avec obispo pour faire un tube facile et très populaire comme 1er single, mais a décidé de choisir des compositeurs moins connus qui lui donnent une musique parfaite pour sa voix douce large, ample belle ... mariage réussi, album plus personnel moins rentre dedans, tout en douceur, largement inspiré, mélodieux et tranquille ...
Daran lui écrit une merveille, mélancolique sublime : là ou je t'emmènerai, et on irait bien avec eux, sur cette chanson douce, très entêtante mais loin d'être putassière ou facile... Moins addictive aux premières écoutes que l'horrible ma liberté de penser c'est plutôt un hymne à l'amour ... un message sûrement à sa femme et sa famille mais très ouvert que nous pouvons nous approprier ... "C'est là que je t'emmènerai, sur la route"
Puis voilà avec "comme l'eau se souvient" il chante du Raphael, aussi bien que Raphael lui même ... Le très populaire chanteur qui pourtant garde une image d'artiste avant celle de chanteur populaire ne se foule pas et donne à Pagny une chanson qui parait venir des sessions de l'album caravane, mais ce n'est pas bien grave, on écoute et ça parle au coeur, aux oreilles, ça nous emballe, quelques accords de guitare, un rythme qui s'envole au fil des minutes, un Pagny qui chante à merveille, des paroles simples mais très jolies, et tant pis si l'originalité ne suit pas et tant pis si Raphael s'enferme dans un style et une écriture, ça finira par être son problème pas celui de pagny qui n'est qu'interprète ce qui le sauve de beaucoup de critiques ...
En effet le monsieur a décidé de ne plus composer juste chanter ... il joue avec sa voix, il la met en avant, finit le compositeur qui avait su se construire une belle carrière à ses débuts.
C'est aussi un homme à la mer, désolé de tout et qui essaie de se retrouver une image ? C’est un homme qui parle de sa famille, de son rôle de père ... et c'est là qu'on pourrait à nouveau penser à l'homme avant l'artiste et trouver ces paroles ridicules quand on le voit à moitié pété parlant des joints, d’argent sur les plateaux télés ... Pas facile alors de ne pas être parasité en écoutant l’album. Dommage. Certains ne prendront pas le télé d’écouter ABRACADABRA parce que l’homme ne leur plait pas … tant pis pour eux, tant pis pour Pagny, certaines rencontres n’auront pas lieu.
Ca change un homme, en voilà une chanson réussie, en voilà du bon pagny sûrement un bon futur single... Sur cet album j’aime surtout les mélodies, et les arrangements, très rocky, bluesy !!! Même la voix de pagny semble torturée, plus âpre sur cette chanson mais toujours en retenue. Finit le pagny hurlant ou le pseudo chanteur d'opéra, habillé comme un clown revival renaissance, mal à l'aise sous son long bouc qui veut prouver que sa voix suffit à son succès. Peut être le monsieur est mal à l’aise de n’être qu’une voix, rien ne l’empêche de composer … doutes, ennuis ? Facilité ? Tant mieux, il a choisit de bons compositeurs …
Voilà un homme qui chante, simple et efficace, qui récite : "enlève enfin son uniforme" "qui respire comme on se déboutonne" qui parle d’un autre homme ou de lui ?
"Cet homme, vivait comme on s'abandonne" ... des paroles superbes, signées miossec ... merci l'artiste.
" Ça change un homme, ça change un homme de faire du bien"
Et là ce n'est plus pagny l'homme, mais Miossec qui parle avec la voix de Pagny alors tant pis si encore une fois on pourrait presque trouver ça ridicule chanté par pagny.
Au final difficile d'oublier vraiment l'homme, son image médiatique a fini par ronger l'artiste et quel dommage, surtout quand cet artiste sort un de ses meilleurs albums, un de ses albums qu'on finit par adorer après quelques écoutes, un de ses albums logique, parfait de bout en bout, bien produit, homogène, presque parfait pour un album de variété ... un mariage entre une musique populaire et des compositeurs d'une certaines musique française ...
« Vivons la paix, vivons la pleinement », à défaut vivons pleinement cette musique ... sans considération pour l'homme ... je finirais presque par le haïr à la fin de cette critique d'avoir fait un aussi bon album ... Ce n’est pas évident d’écouter un disque sans penser à l’homme.
« Envers et contre moi », oui envers et contre toi pagny, on écoute ta musique …
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