La Loi Lang en Danger
Votée à
l'unanimité en 1981, considérée comme "la première loi de développement durable", la loi Lang sur le Prix unique du livre risque aujourd'hui d'être modifiée. Dans le cadre de la préparation de la
loi de modernisation de l'économie (LME), le député UMP Christian Kert (Bouche-du-Rhône), a en effet déposé un amendement visant à faire passer de deux ans à six mois le délai de prix fixe du
livre.Annoncée depuis le 19 mai, la proposition a immédiatement suscité un tollé chez les professionnels du livre. Le Syndicat de la librairie française (SLF), le Syndicat national de l'édition (SNE), et la Société des gens de lettres (SGDL), soutenus par Christine Albanel, se sont mobilisés en faveur du retrait de l'amendement soutenu par Christian Kert, ainsi que par un député "Nouveau Centre", Jean Dionis Du Sejour (Lot-et-Garonne).
Lors de la remise de son rapport en février dernier, Jacques Attali lui-même ne s'était pas montré favorable à une révision de la Loi Lang, au détriment sans doute d'un Michel-Edouard Leclerc ou d'un Xavier Garambois, directeur général d'Amazon France, qui juge que l'initiative de Kert "stimulerait le marché du livre".
Les deux librairies en ligne Amazon et Alapage viennent d'ailleurs de se voir autoriser, selon une décision de la cour de cassation rendue le 6 mai, à pratiquer la gratuité des frais de port sans que cela soit considéré comme de la concurrence déloyale (j'ai d'ailleurs subi un débat houleux sur ce sujet avec l'éditrice la plus connue en Lorraine dont je ne citerai le son nom). Une affaire qui rejoint le débat sur le prix du livre, et sur le danger de le soumettre aux lois de la concurrence au même titre que n'importe quel produit marchand (un yaourt par exemple ?). Antoine Gallimard rappelle que "la loi sur le prix unique est la pierre angulaire de la vie éditoriale". Quant à Guillaume Husson, délégué général du SLF, il considère que "la suppression de la loi Lang entraînerait une explosion du prix des livres".
Mais les professionnels du livre ont beau affirmer que "le consommateur a tout à perdre à cette dérégulation", Dionis du Séjour semble déterminé. L'amendement à été rejeté, et c'est là que le député tente, justement, le marchandage. Il propose maintenant de faire passer le délai de prix fixe du livre de deux ans à un an.
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