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Ce blog n'est qu'un lieu de détente pour ses auteurs mais aussi pour ses lecteurs ! Respectez cet espace ou on sera dictateur avec vous....

Toute l'équipe de Mediatik vous souhaite une bonne lecture et une bonne éclate !

Lundi 21 juillet 2008
Hans-Michael Koetzle
Photo Icons
Petite histoire de la photo Volume 1


Une vingtaine de photographes, plusieurs pages et illustrations pour chacun. Chaque petit chapitre se focalise sur une image et l'impact qu'elle a eu. De superbes photos en noir & blanc. Un format pratique à transporter et consulter.
"Une analyse minutieuse par un historien érudit. Chaque cliché est accompagné d'un commentaire passionnant." - Le Monde

L’histoire de la photographie démarre avec la première image fixée de Joseph Nicéphore Niepce : Le Point de vue pris d’une fenêtre du Gras (1826).
Cet inventeur de Chalon-sur-Saône, associe les procédures de camera obscura, de stenopé et d’alchimie pour fixer des images (de qualité moyenne) sur des plaques d'étain recouvertes de bitume de Judée, sorte de goudron naturel qui possède la propriété de durcir à la lumière (1826 ou 1827) : la première photographie représente une aile de sa propriété à Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire). Si on regarde bien cette image, on remarque son éclairage particulier. En effet, la pose a duré plusieurs heures. Le soleil a éclairé le mur de droite puis celui de gauche plus tard dans la journée.


Nicéphore meurt en 1833 et Louis Jacques Mandé Daguerre poursuit l'amélioration du procédé. En découvrant le principe du développement de l'image latente, Daguerre trouve le moyen de raccourcir le temps de pose à quelques dizaines de minutes. En 1839, Il promeut son invention auprès du savant et député François Arago, qui lui accorde son soutien.
Ainsi, la date officielle de l'invention de la photographie est 1839, date à laquelle Arago présente à l'Académie des sciences l'« invention » de Daguerre, le daguerréotype, qui est en fait une amélioration de celle de Niépce. Grâce au daguerréotype, on obtient des images après « seulement » une demi-heure de pose (lorsque le ciel est parfaitement dégagé). Cette lenteur pose quelques problèmes : les rues de Paris, même à une heure d'affluence apparaissent totalement vides. Mais qu'importe, la photographie était inventée !
Au printemps 1838, Daguerre braque l’objectif de sa chambre noire, qu’ont construite les opticiens parisiens Charles et Vincent Chevalier, sur le boulevard du Temple. Les objets en mouvement ne laissent aucune empreinte exception faite d’une personne qui fait cirer ses bottes.


Un livre intemporel pour tous ! Je l'ai dans ma bibliothèque et je ne m'en lasse pas !
par Lady Chester publié dans : Livres
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Jeudi 5 juin 2008
Votée à l'unanimité en 1981, considérée comme "la première loi de développement durable", la loi Lang sur le Prix unique du livre risque aujourd'hui d'être modifiée. Dans le cadre de la préparation de la loi de modernisation de l'économie (LME), le député UMP Christian Kert (Bouche-du-Rhône), a en effet déposé un amendement visant à faire passer de deux ans à six mois le délai de prix fixe du livre.

Annoncée depuis le 19 mai, la proposition a immédiatement suscité un tollé chez les professionnels du livre. Le Syndicat de la librairie française (SLF), le Syndicat national de l'édition (SNE), et la Société des gens de lettres (SGDL), soutenus par Christine Albanel, se sont mobilisés en faveur du retrait de l'amendement soutenu par Christian Kert, ainsi que par un député "Nouveau Centre", Jean Dionis Du Sejour (Lot-et-Garonne).

Lors de la remise de son rapport en février dernier, Jacques Attali lui-même ne s'était pas montré favorable à une révision de la Loi Lang, au détriment sans doute d'un Michel-Edouard Leclerc ou d'un Xavier Garambois, directeur général d'Amazon France, qui juge que l'initiative de Kert "stimulerait le marché du livre".

Les deux librairies en ligne Amazon et Alapage viennent d'ailleurs de se voir autoriser, selon une décision de la cour de cassation rendue le 6 mai, à pratiquer la gratuité des frais de port sans que cela soit considéré comme de la concurrence déloyale (j'ai d'ailleurs subi un débat houleux sur ce sujet avec l'éditrice la plus connue en Lorraine dont je ne citerai le son nom). Une affaire qui rejoint le débat sur le prix du livre, et sur le danger de le soumettre aux lois de la concurrence au même titre que n'importe quel produit marchand (un yaourt par exemple ?). Antoine Gallimard rappelle que "la loi sur le prix unique est la pierre angulaire de la vie éditoriale". Quant à Guillaume Husson, délégué général du SLF, il considère que "la suppression de la loi Lang entraînerait une explosion du prix des livres".

Mais les professionnels du livre ont beau affirmer que "le consommateur a tout à perdre à cette dérégulation", Dionis du Séjour semble déterminé. L'amendement à été rejeté, et c'est là que le député tente, justement, le marchandage. Il propose maintenant de faire passer le délai de prix fixe du livre de deux ans à un an.
 

par Lady Chester publié dans : Livres
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Mardi 4 décembre 2007
La Liberté d'offenser - Ruwen Ogien

Il serait naïf de penser qu'il suffirait de censurer complètement les représentations sexuelles explicites pour que ce monde devienne une vallée de roses. Ainsi, la carte des pays où la pornographie est interdite coïncide avec celle des Etats où l'intégrité physique et le respect des droits des femmes et des minorités sexuelles sont les moins garantis. Inversement, partout où la pornographie est tolérée, les femmes sont plus libres et les minorités sexuelles mieux protégées. Cela ne veut pas évidemment pas dire que c'est la diffusion des représentations sexuelles explicites qui cause ces libertés, ce qui serait absurde, mais seulement qu'elle ne les entrave aucunement alors que leur interdiction est plutôt mauvais signe.
Il y a quelques années, la mode était aux commentaires apocalyptiques sur l'état des "ados" exposés au "porno" : déshumanisation de la sexualité, incapacité de reconnaître l'"autre", difficultés à distinguer la réalité de la fiction, langage ordurier...
J'en oublie certainement, mais il faut dire que j'ai du mal à comprendre ce langage étrange où certains styles de vie sexuelle, qui ont pour seul inconvénient de ne pas être conformes à une certaine idéologie romantique et hétérosexuelle, sont présentés comme des troubles psychologiques personnels.[...]
Ces commentaires évitent la seule question qui vaut finalement la peine d'être posée, c'est-à-dire : "Où est le mal ?"
[...] On peut certes critiquer l'"esthétique porno", la trouver laide ou ridicule (comme tous ceux qui ne comprennent rien à la mode). Mais pourquoi la rendre responsable de tant de maux psychologiques ou moraux ?

Ruwen Ogien semble être un auteur intelligent et énervé. Enervé par le voile de pudeur que nous imposons encore aux représentations sexuelles explicites, intelligent par les conclusions qu'il rend dans son livre La liberté d'offenser, l'art, le sexe et la morale. Les sociétés occidentales sont prêtes à tolérer les représentations sexuelles dites artistiques, mais maudissent toujours ce qui, à la fois, nous attire et nous répulse. L'obscène, en un mot. L'auteur va donc chercher tout ce qui pourrait expliquer cette ambivalence, des traditions judéo-chrétiennes au poids de la justice et de la censure qui en ont hérité. Et revendique aussi le droit d'exposer tout, même ce que la morale réprouve. Allant jusqu'à détruire les arguments de tous les puritains et moralistes en croisade contre le sexe totalement libre. A conseiller, donc, à ceux qui voudraient bien mater un bon film porno sans qu'on leur dise en quoi ce genre de films, c'est mal.
par Lady Chester publié dans : Livres
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Mercredi 26 septembre 2007
Quand j'étais méchant - Guy Carlier

J'ai changé.
Moi aussi.
Avant j'étais méchant.
Et puis un jour j'ai fait la liste des gens qui me détestaient : Raël, Elizabeth Teissier, Julien Courbet, Charles Villeneuve, Ernst de Hanovre, Patrick Balkany.
Que des pointures, des épées, des humanistes.
Comment peut-on être méchant avec ce who's who de la qualité et de la dignité humaine ?

Plus sérieusement, en entendant un jour Massimo Gargia m'allumer dans une émission, j'ai ressenti comme un vertige. Ainsi donc, mon existence artistique se limiterait aux rancœurs d'un vieux gigolo adipeux ?
Ce jour-là, j'ai décidé de descendre de la bétaillère.

Voici le témoignage de ce passé révolu. Méfiez-vous, ça pue le fumier.

Guy Carlier, comme à son habitude, n'a pas sa langue dans sa poche. Il nous dresse une nouvelle fois différents portraits  de ces (pseudo) people. Bien sur il n'oublie pas d'user de
son ton arcebe connut de tous. De toute façon ça ne fait pas de mal que ces vedettes s'en prennent un peu plein la tronche. A force de les médiatise, surmédiatiser, surestimer, ils en deviennent insupportables. Vous ne croyez pas que je n'ai pas aussi envie de dire à tous ces petits cons prétentieux de la tv réalité "tu as l'air aussi intelligent que ce lampadaire" ????

Et bien Guy Carlier le fait et il le fait bien sur un ton humoristique.
Plus inconvenant, insolent et impertinent que jamais, Guy Carlier délaisse ses habituelles chroniques pour s'attaquer à un autre genre, celui du dictionnaire. Mais ses définitions à lui ne s'appliquent qu'aux personnalités. Il dresse leur portrait en quelques lignes, toujours plus assassines et drôles les unes que les autres.
par Lady Chester publié dans : Livres
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Mercredi 5 septembre 2007
Le Mâle dominant - Riad Sattouf

La France dans un futur de plus en plus proche : une jungle où le libéralisme s'épanouit dans tous les domaines. Alain Madelin est président de la République, François Barouin règne dans le monde du jeu, Pascal Brutal sur celui des sentiments. Car dans ce futur proche, les mecs, les vrais, ont gagné et Pascal est leur roi. L'homme le plus viril du monde l'est toujours autant : gourmette en argent, chaussettes blanches dans baskets Torsion, il écume les coeurs, cabosse les tronches et se pose toujours autant de questions.

Après un premier album qui l’avait immédiatement fait entrer dans le panthéon de la bande dessinée moderne, Riad Sattouf propose la suite des aventures inqualifiables de Pascal Brutal.

Le héros n’a pas changé. Gourmette argentée au poignet, Adidas Torsion aux pieds, bouc soigné au menton, le symbole vivant de la masculinité est toujours égal à lui-même. Idole des hommes et fantasme des femmes, Pascal apparaît, sur sa moto lancée à 300 km/h au son de Diam’s, comme une sorte de super-héros d’un futur proche.

L’avenir imaginé par Riad Sattouf a des aspects inquiétants : prisons de haute sécurité, villes de grande solitude dont les périphériques «  se mangent eux-mêmes la queue, dans des festins éternels », couples fidèles sans sexe avant le mariage, vivant dans le respect des parents et dans une envie frénétique de faire des bébés…

Paris est devenu l’un des endroits les plus riches du monde avec ses quartiers réservés aux millionnaires, en dollars chinois car entretemps l’euro s’est effondré. La Belgique est devenue une gynarchie, un système politique de domination violente par les femmes et où les hommes ne peuvent que sortir couverts d’une combinaison anti-virilité sous peine de devenir sexuellement disponible. Diam’s revient après vingt ans d’absence. Enfin, la Bretagne est devenue autonome et il y est interdit de chanter le Bro Gozh autrement qu’en breton.

Riad Sattouf confirme sa position d'auteur très drôle.
par Lady Chester publié dans : Livres
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Mercredi 25 avril 2007
Machiavel et Montesquieu devisent aux enfers, et échangent quelques propos sur la politique moderne, et la façon la plus efficace pour quelques hommes politiques - toute considération de morale mise à part - d’acquérir et de conserver indéfiniment le pouvoir (thème classique du Prince), mettant des hommes de paille aux places clé de la société.

Montesquieu, conformément à son rôle historique, met l’accent sur la séparation des pouvoirs, l'État de droit, la souveraineté de la nation, mais Machiavel retourne à chaque fois ses arguments pour montrer comment ces notions nobles peuvent être détournées au service d'un homme, ic Napolélon III qui n'est jamais cité, manipulant toutes les composantes de la société.


L'auteur, Maurice  Joly, réalise un pamphlet contre Napoléon III, le régime de son époque. L'ingéniosité de l'ouvrage réside dans sa possibilité à transposer l'état de fait de cette période à notre vie politique contemporaine. On observons notre société actuelle, nous reconnaissons les même ficelles démagogiques, les mêmes trucages de toutes sortes (désinformation, magouilles fiscales, mensonges d'état, etc.) C'est ainsi qu'on se rend bien compte de la portée universelle de l'oeuvre de Maurice Joly, et également de celle de Machiavel. En ces heures de campagne présidentielle, cet ouvrage apporte un autre regard sur notre vie politique.


Extrait : « Les hommes aspirent tous à la domination, et il n'en est point qui ne fût oppresseur, s'il le pouvait ; tous ou presque tous sont prêts à sacrifier les droits d'autrui à leurs intérêts »


Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu

par Lady Chester publié dans : Livres
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Dimanche 11 février 2007
Le Livre noir de la condition des femmes - Christine Ockrent et Sandrine Treiner

Il y a des régions où l'on préfère avorter que de les voir naître. Il y a des cultures qui persistent à les exciser. Il y a des coutumes qui veulent qu'on les torture pour laver l'honneur des leurs. Il y a des mariages auxquels elles sont forcées. Il y a des adultères qui leur valent d'être lapidées. Il y a des guerres au cours desquelles il est rituel de les violer. Il y a la toile sur laquelle on s'offre une épouse en détresse, à prix modéré. Il y a aussi les alcôves et les portes fermées derrière lesquelles des compagnons bien sous tous rapports s'oublient parfois à les cogner. Il y a encore leurs salaires sous évalués, leurs droits civils bafoués, leurs ambitions sacrifiées, leur accès restreint à la propriété...


Extrait de
Cruches ou citoyennes ? Figures de femmes à la télévision

Les séries télévisées sont un genre populaire. Comment les scénaristes représentent-ils les femmes à la télévision ? Martin Winckler porte un regard acide et ironique sur nos feuilletons fétiches et sur le décalage entre fictions françaises et anglo-saxonnes. Julie Lescaut n'en sort pas grandie. Mi-novembre 2005, à la suite des troubles qui avaient ' certains quartiers sensibles dans la région parisienne et dans le reste de la embrasé'France, le président de la République appelait les médias à s'interroger sur la représentation des minorités dans les émissions de télévision. L'ostracisme de fait de la télévision française à l'égard des minorités ethniques n'a d'égal que le traitement que ses fictions réservent aux femmes, lesquelles sont pourtant loin de constituer une minorité. La chose est flagrante quand on compare le rôle des femmes dans les fictions françaises, et celui qu'elles tiennent dans la majorité des fictions anglo-saxonnes.
par Lady Chester publié dans : Livres
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Mercredi 27 décembre 2006
Avant que l'Ombre - Mylène Farmer

Mylène Farmer est l'une des chanteuses les plus populaires en France. Elle a su conquérir un public très large et de tous âges à travers de nombreux succès. 'Avant que l'ombre... ' présente un concert de la chanteuse à Bercy ; c'est Mylène Farmer elle-même qui a conçu cet ouvrage.

La tournée "Avant que l'Ombre" démarre un vendredi 13 janvier 2006 pour 13 dates, devant 13.000 spectateurs chaque soir. Mylène Farmer s'en amuse avec ce livre où  elle écrit avoir été 'treize heureuse' de ces moments d'émotion.

La star est si fière de son dernier spectacle intransportable présenté à Bercy en janvier dernier qu'elle le décline, en plus des supports discographiques, sur papier glacé. Au programme des réjouissances, une centaine de clichés de Claude Gassian, le photographe officiel des tournées farmeriennes. On y voit Mylène de haut, de face, de profil, de dos, de près, de très loin, sur des écrans géants, pixellisée, floutée, sous toutes les coutures.

Par contre, on peut déplorer l'absence de clichés des coulisses, des musiciens et des danseurs . Seuls textes présents, un poème que Mylène livre à ses fans au début et un petit calembour à la fin. Le mystère demeure.
par Lady Chester publié dans : Livres
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Vendredi 6 octobre 2006
Les Années Disco - Jacque Pessis


La fiévre du samedi soir : Cinéma, mode, design... Plus qu'un simple phénomène musical, le disco est alors incontournable. Une période pleine de bruit et de fureur que cet ouvrage vous propose de revivre en texte et en images.


Souvenez-vous. Gloria Gaynor chante I Will Survive , John Travolta se déhanche dans 'La Fièvre du samedi soir', les Village people font découvrir au son de YMCA une autre Amérique, Sheila et B. Devotion révolutionnent le hit-parade, les Bee Gees enchaînent les succès, Grace Jones réinvente La Vie en rose , l'exubérance règne au Studio 54 et au Palace, la mode est aux shorts et aux rollers, les paillettes sont partout... Le monde ressemble à une boule à facettes. Journal d'une époque, 'Les Années disco' retracent aussi tous les faits, petits ou grands, qui ont émaillé le quotidien et fait l'actualité : l'élection surprise de Jean-Paul II, l'arrivée en France des premiers dessins animés japonais (Albator, Capitaine Flam, Goldorak), l'entrée de Marguerite Yourcenar à l'Académie française, l'invention du Walkman, la diffusion de séries américaines cultes (Drôles de dames, super Jaimie, Starsky et Hutch), l'assassinat de John Lennon, etc.
par Lady Chester publié dans : Livres
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Mardi 22 août 2006
Journal d'Hirondelle - Amélie Nothomb

Le héros n'a pas de nom. Ou plutôt pas d'identité fixe. Il change de nom et de vie comme on change de chemise. Coursier à Paris, il se fait passer pour un certain Urbain, tueur à gages insensible qui retrouve le plaisir des sens et du sexe par le meurtre. Puis il devient Innocent... Mais on ne change pas de vie si facilement. Le passé n'a jamais dit son dernier mot. Surtout lorsqu'il a le visage d'une adolescente fraîchement assassinée et dont le seul testament est un étrange journal intime. Comment ressusciter les sensations après s'être coupé des sentiments ?

Sous fond d'histoire de tueurs à gage - mais aussi d'amour, Amélie livre pour son quinzième roman un 'Journal d'hirondelle' aussi cruel que loufoque. Inattendu, après ses précédents romans, qui accusaient l'élève si ce n'est de se reposer sur ses lauriers, d'user sans trop d'efforts de ses facilités.

Elle s'adonne au trash burlesque, au gore d'opérette. Amélie  évoque Rousseau, Aristote mais aussi Radiohead. Sur ses pages, on retrouve une Amélie Nothomb raffinée et troublante qui porte, cette fois, un regard vif et inquiet sur notre société.

Extraits du "Journal d'Hirondelle" - Page 62 :
Editeur : Albin Michel - 2006

Qu'est-ce qu'un rapport humain, aujourd'hui. Il afflige par sa pauvreté. Quand on voit ce qu'on appelle à présent du beau nom de 'rencontre', on se console. Rencontrer quelqu'un devrait constituer un événement. Cela devrait bouleverser autant qu'un ermite apercevant un anachorète à l'horizon de son désert après quarante jours de solitude.
La vulgarité du nombre accomplit son oeuvre : une rencontre, ce n'est plus rien. On a des exemples paroxystiques : Proust rencontrant Joyce dans un taxi et, pendant cette entrevue unique, ne parlant que du prix de la course ; tout se passe comme si plus personne ne croyait aux rencontres, en cette possibilité sublime de connaître quelqu'un.

par Lady Chester publié dans : Livres
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