Mercredi 26 septembre 2007
Quand j'étais méchant - Guy Carlier
J'ai changé.
Moi aussi.
Avant j'étais méchant.
Et puis un jour j'ai fait la liste des gens qui me détestaient : Raël, Elizabeth Teissier, Julien Courbet, Charles Villeneuve, Ernst de Hanovre, Patrick Balkany.
Que des pointures, des épées, des humanistes.
Comment peut-on être méchant avec ce who's who de la qualité et de la dignité humaine ?
Plus sérieusement, en entendant un jour Massimo Gargia m'allumer dans une émission, j'ai ressenti comme un vertige. Ainsi donc, mon existence artistique se limiterait aux rancœurs d'un vieux gigolo adipeux ?
Ce jour-là, j'ai décidé de descendre de la bétaillère.
Voici le témoignage de ce passé révolu. Méfiez-vous, ça pue le fumier.
Guy Carlier, comme à son habitude, n'a pas sa langue dans sa poche. Il nous dresse une nouvelle fois différents portraits de ces (pseudo) people. Bien sur il n'oublie pas d'user de son ton arcebe connut de tous. De toute façon ça ne fait pas de mal que ces vedettes s'en prennent un peu plein la tronche. A force de les médiatise, surmédiatiser, surestimer, ils en deviennent insupportables. Vous ne croyez pas que je n'ai pas aussi envie de dire à tous ces petits cons prétentieux de la tv réalité "tu as l'air aussi intelligent que ce lampadaire" ????
Et bien Guy Carlier le fait et il le fait bien sur un ton humoristique. Plus inconvenant, insolent et impertinent que jamais, Guy Carlier délaisse ses habituelles chroniques pour s'attaquer à un autre genre, celui du dictionnaire. Mais ses définitions à lui ne s'appliquent qu'aux personnalités. Il dresse leur portrait en quelques lignes, toujours plus assassines et drôles les unes que les autres.
par Lady Chester
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Mercredi 5 septembre 2007
Le Mâle dominant - Riad Sattouf
La France dans un futur de plus en plus proche : une jungle où le libéralisme s'épanouit dans tous les domaines. Alain Madelin est président de la République, François Barouin règne dans le monde du jeu, Pascal Brutal sur celui des sentiments. Car dans ce futur proche, les mecs, les vrais, ont gagné et Pascal est leur roi. L'homme le plus viril du monde l'est toujours autant : gourmette en argent, chaussettes blanches dans baskets Torsion, il écume les coeurs, cabosse les tronches et se pose toujours autant de questions.
Après un premier album qui l’avait immédiatement fait entrer dans le panthéon de la bande dessinée moderne, Riad Sattouf propose la suite des aventures inqualifiables de Pascal Brutal.
Le héros n’a pas changé. Gourmette argentée au poignet, Adidas Torsion aux pieds, bouc soigné au menton, le symbole vivant de la masculinité est toujours égal à lui-même. Idole des hommes et fantasme des femmes, Pascal apparaît, sur sa moto lancée à 300 km/h au son de Diam’s, comme une sorte de super-héros d’un futur proche.
L’avenir imaginé par Riad Sattouf a des aspects inquiétants : prisons de haute sécurité, villes de grande solitude dont les périphériques « se mangent eux-mêmes la queue, dans des festins éternels », couples fidèles sans sexe avant le mariage, vivant dans le respect des parents et dans une envie frénétique de faire des bébés…
Paris est devenu l’un des endroits les plus riches du monde avec ses quartiers réservés aux millionnaires, en dollars chinois car entretemps l’euro s’est effondré. La Belgique est devenue une gynarchie, un système politique de domination violente par les femmes et où les hommes ne peuvent que sortir couverts d’une combinaison anti-virilité sous peine de devenir sexuellement disponible. Diam’s revient après vingt ans d’absence. Enfin, la Bretagne est devenue autonome et il y est interdit de chanter le Bro Gozh autrement qu’en breton.
Riad Sattouf confirme sa position d'auteur très drôle.
par Lady Chester
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Machiavel et Montesquieu devisent aux enfers, et échangent quelques propos sur la politique moderne, et la façon la plus efficace pour quelques hommes politiques - toute considération de morale mise à part - d’acquérir et de conserver indéfiniment le pouvoir (thème classique du Prince), mettant des hommes de paille aux places clé de la société.
Montesquieu, conformément à son rôle historique, met l’accent sur la séparation des pouvoirs, l'État de droit, la souveraineté de la nation, mais Machiavel retourne à chaque fois ses arguments pour montrer comment ces notions nobles peuvent être détournées au service d'un homme, ic Napolélon III qui n'est jamais cité, manipulant toutes les composantes de la société.
L'auteur, Maurice Joly, réalise un pamphlet contre Napoléon III, le régime de son époque. L'ingéniosité de l'ouvrage réside dans sa possibilité à transposer l'état de fait de cette période à notre vie politique contemporaine. On observons notre société actuelle, nous reconnaissons les même ficelles démagogiques, les mêmes trucages de toutes sortes (désinformation, magouilles fiscales, mensonges d'état, etc.) C'est ainsi qu'on se rend bien compte de la portée universelle de l'oeuvre de Maurice Joly, et également de celle de Machiavel. En ces heures de campagne présidentielle, cet ouvrage apporte un autre regard sur notre vie politique.
Extrait : « Les hommes aspirent tous à la domination, et il n'en est point qui ne fût oppresseur, s'il le pouvait ; tous ou presque tous sont prêts à sacrifier les droits d'autrui à leurs intérêts »
Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu
par Lady Chester
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Mercredi 27 décembre 2006
Avant que l'Ombre - Mylène Farmer
Mylène Farmer est l'une des chanteuses les plus populaires en France. Elle a su conquérir un public très large et de tous âges à travers de nombreux succès. 'Avant que l'ombre... ' présente un concert de la chanteuse à Bercy ; c'est Mylène Farmer elle-même qui a conçu cet ouvrage.
La tournée "Avant que l'Ombre" démarre un vendredi 13 janvier 2006 pour 13 dates, devant 13.000 spectateurs chaque soir. Mylène Farmer s'en amuse avec ce livre où elle écrit avoir été 'treize heureuse' de ces moments d'émotion.
La star est si fière de son dernier spectacle intransportable présenté à Bercy en janvier dernier qu'elle le décline, en plus des supports discographiques, sur papier glacé. Au programme des réjouissances, une centaine de clichés de Claude Gassian, le photographe officiel des tournées farmeriennes. On y voit Mylène de haut, de face, de profil, de dos, de près, de très loin, sur des écrans géants, pixellisée, floutée, sous toutes les coutures.
Par contre, on peut déplorer l'absence de clichés des coulisses, des musiciens et des danseurs . Seuls textes présents, un poème que Mylène livre à ses fans au début et un petit calembour à la fin. Le mystère demeure.
par Lady Chester
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Les Années Disco - Jacque Pessis
La fiévre du samedi soir : Cinéma, mode, design... Plus qu'un simple phénomène musical, le disco est alors incontournable. Une période pleine de bruit et de fureur que cet ouvrage vous propose de revivre en texte et en images.
Souvenez-vous. Gloria Gaynor chante I Will Survive , John Travolta se déhanche dans 'La Fièvre du samedi soir', les Village people font découvrir au son de YMCA une autre Amérique, Sheila et B. Devotion révolutionnent le hit-parade, les Bee Gees enchaînent les succès, Grace Jones réinvente La Vie en rose , l'exubérance règne au Studio 54 et au Palace, la mode est aux shorts et aux rollers, les paillettes sont partout... Le monde ressemble à une boule à facettes. Journal d'une époque, 'Les Années disco' retracent aussi tous les faits, petits ou grands, qui ont émaillé le quotidien et fait l'actualité : l'élection surprise de Jean-Paul II, l'arrivée en France des premiers dessins animés japonais (Albator, Capitaine Flam, Goldorak), l'entrée de Marguerite Yourcenar à l'Académie française, l'invention du Walkman, la diffusion de séries américaines cultes (Drôles de dames, super Jaimie, Starsky et Hutch), l'assassinat de John Lennon, etc.
par Lady Chester
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Journal d'Hirondelle - Amélie Nothomb
Le héros n'a pas de nom. Ou plutôt pas d'identité fixe. Il change de nom et de vie comme on change de chemise. Coursier à Paris, il se fait passer pour un certain Urbain, tueur à gages insensible qui retrouve le plaisir des sens et du sexe par le meurtre. Puis il devient Innocent... Mais on ne change pas de vie si facilement. Le passé n'a jamais dit son dernier mot. Surtout lorsqu'il a le visage d'une adolescente fraîchement assassinée et dont le seul testament est un étrange journal intime. Comment ressusciter les sensations après s'être coupé des sentiments ?
Sous fond d'histoire de tueurs à gage - mais aussi d'amour, Amélie livre pour son quinzième roman un 'Journal d'hirondelle' aussi cruel que loufoque. Inattendu, après ses précédents romans, qui accusaient l'élève si ce n'est de se reposer sur ses lauriers, d'user sans trop d'efforts de ses facilités.
Elle s'adonne au trash burlesque, au gore d'opérette. Amélie évoque Rousseau, Aristote mais aussi Radiohead. Sur ses pages, on retrouve une Amélie Nothomb raffinée et troublante qui porte, cette fois, un regard vif et inquiet sur notre société.
Extraits du "Journal d'Hirondelle" - Page 62 : Editeur : Albin Michel - 2006
Qu'est-ce qu'un rapport humain, aujourd'hui. Il afflige par sa pauvreté. Quand on voit ce qu'on appelle à présent du beau nom de 'rencontre', on se console. Rencontrer quelqu'un devrait constituer un événement. Cela devrait bouleverser autant qu'un ermite apercevant un anachorète à l'horizon de son désert après quarante jours de solitude.
La vulgarité du nombre accomplit son oeuvre : une rencontre, ce n'est plus rien. On a des exemples paroxystiques : Proust rencontrant Joyce dans un taxi et, pendant cette entrevue unique, ne parlant que du prix de la course ; tout se passe comme si plus personne ne croyait aux rencontres, en cette possibilité sublime de connaître quelqu'un.
par Lady Chester
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