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Nine ou la comédie musicale de trop.

Publié le par Lady Chester

Nine-affiche-filmPourquoi Nine ?

Guido Contini, joué par l’excellentissime Daniel Day-Lewis, est le metteur en scène des années 60 durant l’apogée de la Cinécitta. A 15 jours du début du tournage de son «neuvième» film, ce dernier est en pleine crise existentielle que ce soit d’un point de vue artistique ou personnelle.
Il n’a toujours pas rédigé une ligne de son scénario pour son prochain film, Italia, en plus d’être tiraillé entre sa femme (Marion Cotillard) et sa maîtresse (Penélope Cruz).

Plus rien ne va !

Le scénario de «Nine» semble alléchant….sur le papier. Le réalisateur de la comédie musicale «Chicago» , Rob Marshall, signe un énième conte musical, peut-être celui de trop. A trop s’enfermer dans son talent, on l’étouffe. Cette transposition cinématographique lorgnait vers le légendaire «8½» de Fellini! Mais n’est pas Fellini qui le veut. Pour faire un bon film, il ne suffit pas d’avoir une trame dans son histoire, un tapis rouge d’acteurs talentueux à l’affiche ou copier les plus grands. Il faut aussi de l’imagination et de l’audace, ce que ne s’est pas offert pour cette fois-là Rob Marshall, a contrario de Chicago.

Il y a énormément de lenteurs dans la réalisation, on a du mal à adhérer à la détresse et aux remous de Guido. Le rythme est bancal, on peine dès les premières images du film. D’ailleurs le choix d’imposer un accent italien à Daniel Day-Lewis rend l’accroche aux dialogues insupportables. Il n’y avait aucune utilité pour faire comprendre aux spectateurs que le maestro est italien en l’affublant de cet accent catastrophique, n’importe qui le comprenait avec les multiples références italiennes. Puis parlons des autres actrices qui font tourner la tête à ce pauvre Daniel Day Lewis : Marion Cotillard, Penélope Cruz, Nicole Kidman, Judi Dench, Kate Hudson, Sophia Loren et Fergie, des superstars qui crèvent l’écran.

Et pourtant ce parterre de stars ne fait pas décoller le film. Les actrices se succèdent, les unes après les autres, pour exécuter leur petit numéro de charme.

Les personnages de Kate Hudson et Sophia Loren ne font que passer. C’est bien dommage, il y avait matière à faire entre la journaliste de Vogue allumeuse et working girl sur les bords (caricaturale de la femme des années 2000 ?), un peut trop avant-gardiste, on n’y croit pas vraiment; ou la mama italienne castratrice et moralisatrice dans l’inconscient de Guido, n’est qu’un rôle de surface. Le spectateur doit avoir ses propres codes culturelles et sociales de la vie italienne période années 60 pour y déceler le choix d’une certaine complexité des personnages.

La muse, jouée par la charismatique Nicole Kidman, n‘est qu‘un glaçon et est à l’opposé de la diva italienne digne de la Cinécitta (cf Gilda).

La maîtresse incarnée par la sexy Penélope Cruz est un cliché à elle toute seule. Adieu la grâce sensuelle portée aux nues par Hollywood, bonjour la facilité sexuelle digne d’une tentatrice exilée de son île.

Fergie est méconnaissable à l’écran, un peu trop bouffie, la pellicule ne la met pas à son avantage. Sa prestation vocale sauve les meubles, après tout c’est son gagne pain.

Judi Dench qui incarne la costumière et la confidente de Guido, le fait bien, c’est tout ce qu’on lui demande.

Seule Marion Cotillard, l’épouse délaissée du Maestro, est parfaite dans son rôle. Elle amène l’émotion qu’il manquait au film. Elle s’en sort tellement bien qu’elle en étonnera plus d’un dans son numéro final à en couper le souffle. Mais un personnage ne fait pas le film, encore plus dans une comédie musicale.

Les chorégraphies sont moyennes, elles tendent vers l‘acrobatie et au limite de la vulgarité. A trop montrer, on ne fait plus rêver. Les chansons sont sans fond. Les mélodies ne sont pas accrocheuses, il n‘y a aucune musicalité et les textes sont simplets et banals.

Finalement, comme tout bon film digne d’Hollywood, la production nous sert un happy end et Guido trouve son chemin. Il fait la paix avec son âme d’enfant.

Aussitôt le film fini, aussitôt le film oublié. Aucune envie de se procurer la soundtrack du film a contrario d’un génialissime Moulin Rouge !

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The Acid King 19/04/2010 11:37



Sincèrement, j'ai été un peu déçu par Nine. Trop américain, trop lent, trop poétique et trop "sans âme". Je garde néanmoins Penelope Cruz et Nicole Kidman à part car leur présence a illuminé le
film.


Par contre, Fergie, em... elle fait peur, hein !