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Le Journal de Yaël Koppman

Publié le par Lady Chester

Le-Journal-de-Yael-Koppman.JPGLe Journal de Yaël Koppman de Marianne Rubinstein

 

Yaël Koppman est une trentenaire célibataire, sans enfant, la caricature même de la bobo parisienne, qui vit en colocation avec son meilleur ami homosexuel, Eric.


Monitrice d’économie à la faculté, elle n’aspire pas à un parcours professionnel dans le professorat comme ses collègues de par sa trop grande intégrité dans le domaine universitaire. Même le secteur de l’éducation a son lot de compétiteurs, encore plus dans les travaux universitaires et les publications scientifiques. Et cette compétition perdue d’avance pour Yaël rend le quotidien de cette célibatante, morne et solitaire.  Elle tente de remplir ce quotidien en collectionnant les hommes et en s’entourant d’amis fidèles tel que sa brillante cousine, Clara, éditrice de métier,


Une fois ces premières pages passées, la première chose qu’il vient à l’esprit du lecteur c’est un heurt au énième ouvrage « chick lit », roman écrit par les femmes, pour le marché féminin dont la brèche a été ouverte par un certain Journal de Bridget Jones. Ironie du sort, l’auteure, Marianne Rubinstein, se moque ouvertement de ce genre littéraire dans ce récit de vie.


Mais le journal intime tombe dans le déjà-vu du récit dans le récit avec l’héroine qui se met elle-même à écrire un Journal Intime. L’originalité réside sur deux grands points : l’usage des sciences économiques dans les métaphores philosophiques de l’héroïne et d’aborder la vie compliquée de la filleule de Keynes, un des plus grands économistes du XXe siècle, Angelica Garnett. Cette dernière est aussi la nièce de Virginia Woolf, l’une des plus grandes auteures britanniques de ce siècle.


Tout ceci a l’air bien compliqué sur le papier mais dans le Journal c’est beaucoup plus abordable. Le personnage d’Angelica Garnett va surtout permettre à Yael d’exorciser ses propres démons car à travers la vie d'Angelica, c'est sa vie que contemple Yaël. Enfant de soixante-huitard aux idées libertaires, elle porte les traces de toute une génération frustrée par les visions utopiques de leurs parents. Parents deviennent de grands enfants moralisés par leurs enfants devenus parents. 


La jeune femme se plonge  dans l’histoire de la petite communauté de Bloomsbury et de Charleston et trouve en Angelica Garnett son miroir jusqu’à cette fameuse rencontre entre les deux femmes qui va l’éloigner de son sujet d’ouvrage.  « Mais en y réfléchissant, c’est vrai, quelque chose m’a gênée dans ma visite à Forcalquier. Espérais-je que l’âge, la maturité, avaient éloigné d’Angelica les tourments de l’enfance ? Cette petite fille inquiète, enfermée dans sa cage de vieux os, hurlant qu’on la libère, je ne veux plus y penser. »


Yaël prend peu à peu de l'assurance et se recrée une vie affective et sociale…


A lire sans modération

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